BANDEAU TERRITOIRES EN MUTATION

Territoires en mutation

A l’échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes, plus d’un tiers des bailleurs sociaux est mobilisé sur les enjeux des territoires en mutation dits territoires détendus. 

Ces territoires ont un caractère polymorphe. Il peut s’agir de territoires ruraux, comme en Auvergne, dans la Loire, l’Ardèche ou encore dans la Drôme, mais également de territoires en périphérie de métropoles ou de zones urbaines, comme le Rhône, où certaines communes de la Savoie.   

Requalification de l’offre, adaptation du parc, démolition, maintien des services et des populations, renforcement de l’attractivité des centres-bourgs : tous sont confrontés à des logiques de détentes plurielles. 

La création de la communauté d’intérêt des territoires en mutation en Auvergne-Rhône-Alpes entend fédérer autour de cette thématique les bailleurs des différents territoires de cette région.  

Avec un enjeu fort : faire reconnaître la spécificité de ces territoires, et définir une véritable politique ambitieuse en intégrant pleinement la logique de pouvoir d’adaptation locale.

Composition de cette communauté

La communauté est constituée de directeurs généraux d’organismes HLM de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

 

Elle est portée collectivement au sein du Conseil d'Administration de l’AURA-HLM, par Fabrice HAINAUT Directeur Général de OPHIS, Marie-Laure VUITTENEZ Directrice Générale de Saint Etienne Métropole Habitat et Samuel CARPENTIER Directeur Général de Ardèche Habitat qui font partie du Comité de Pilotage de cette communauté, animé par la Direction de l’AURA-HLM.

 

L’équipe de l’AURA-HLM est mobilisée pour assurer les dimensions techniques et logistiques de cette communauté.

Capitaliser & partager

Ces dernières années, de nombreux travaux au sein du mouvement HLM ont permis de mettre en évidence la nécessité d’une action publique forte et concertée entre les collectivités, les organismes HLM, l’ensemble de leurs partenaires historiques (Etat, CDC, Action Logement,…) et de nouveaux partenaires (ANAH,…) pour améliorer la prise en compte des spécificités de ces territoires en mutation. 

 

  • La Fédération des Offices Publics de l’Habitat est mobilisée sur cette question depuis 2014 et a produit plusieurs analyses : une étude sur la recomposition du patrimoine en territoires détendus ; le 7 septembre 2017 une journée a été consacrée à cette thématique et des propositions d’actions ont été avancées. 
  • L’Union Sociale pour l’Habitat a organisé au Creusot en juin 2015 une Conférence nationale sur les territoires en décroissance qui a contribué à mettre en visibilité ces problématiques et le besoin d’ingénierie locale  
  • Cinq associations régionales ont publié en septembre 2015 lors du Congrès HLM un Manifeste pour une autre politique de l'Habitat dans les territoires dits détendus  
  • L’Association régionale HLM Rhône-Alpes a mis en place en janvier 2017 un séminaire partenarial sur l’avenir des territoires détendus et/ou ruraux  
  • Un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) auprès des organismes HLM intervenant dans les territoires détendus a été lancé en mai 2016, à l’initiative de l’USH et la CDC, dont 4 projets régionaux ont été retenus. Un travail de capitalisation est aujourd’hui en cours de finalisation afin de synthétiser l’ensemble des enseignements de cette démarche.  
  • Un Appel à Manifestation d’intérêt (2génération) a été lancé au Congrès de Marseille en octobre 2018 et a fait l’objet d’une sélection en décembre 2018 de projets qui seront suivis et accompagnés.  

 

L’enjeu est aujourd’hui d’arriver à capitaliser en continu sur la base de l’ensemble de ces différentes investigations conduites ou en cours pour construire un plaidoyer en faveur de ces territoires qui mette l’accent sur l’enjeu de :

Porter une véritable ambition politique en faveur de ces territoires en favorisant :

  • Le développement de l’offre de nouveaux services aux habitants et aux territoires, 
    • Le développement de nouveaux métiers : métier d’aménageur, d’opérateur sur le parc privé en centres anciens, d’intervention sur le parc en copropriétés, de maître d’œuvre pour la création d’équipements publics…  
    • Le développement de nouveaux segments d’offre : accession sociale à la propriété, la gestion d’équipements, commerces, services, copropriétés, …  
    • Le développement de nouveaux services à destination notamment des publics vieillissants (prestations de services).  

 

  • L’évolution de stratégies patrimoniales adaptées 
    • L’évaluation partagée et objective des besoins en logement : co-construire les politiques locales de l’habitat et des projets de territoires à partir des besoins objectivés et adaptés au marché de l’habitat.  
    • La nécessaire recomposition du parc : privilégier l’enjeu plus qualitatif de renouvellement du parc en démolissant davantage l’offre de logements obsolètes et en construisant une offre neuve à un rythme raisonnable.  
    • L’évolution des logements existants pour les adapter aux nouveaux besoins : à partir d’un renforcement des partenariats, poursuivre et renforcer la transformation d’usage de logements.  

 

  • Le traitement des centres-bourgs  
    • La création d'une dynamique de territoire par le renforcement et le décloisonnement du partenariat pour une prise en compte simultanée de toutes les thématiques (habitat : parc public et parc privé, espaces publics, commerces, économie/ emploi, services, accessibilité, stationnement, …).  
    • La recherche de réponses innovantes pour un réinvestissement du bâti en centre-bourg : innovation dans les montages opérationnels, les techniques constructives, l'adaptation aux usages, politique foncière.  
    • La recherche de financements complémentaires afin d'équilibrer des opérations complexes, et l'extension aux centres-bourgs de dispositifs jusqu'ici réservés au logement neuf (par ex, la TVA réduite dans des opérations d'accession sociale dans le cadre de réhabilitation).  
    • La recherche d'une qualité d'usage et de vie en s'appuyant sur les ressources du territoire comme facteur d'innovation (qualité environnementale des bâtiments, mobilisation des ressources locales de production d'énergie). 

Mobiliser les partenaires

Suite aux différentes initiatives conduites par le mouvement HLM, les partenaires sont d’ores et déjà sensibilisés à la problématique de la détente du marché.  

 

Il apparaît toutefois important de poursuivre cette mobilisation, en s’appuyant par exemple sur des travaux de recherche, mais aussi de développer de nouveaux partenariats avec des acteurs peu liés au monde Hlm (ANAH, les établissements fonciers…). 

Poursuivre et intensifier le plaidoyer

Comme souligné par des travaux de recherche (cf. http://www.metropolitiques.eu/La-decroissance-urbaine-en-France.html), malgré la multiplication d’initiatives, et notamment celles du Mouvement Hlm, la question de la décroissance urbaine - entrainant souvent des enjeux de détente du marché - n’est aujourd’hui pas, ou peu, prise en compte dans les politiques publiques nationales. La problématique de la mise à l’agenda semble donc encore aujourd’hui un enjeu central et le Mouvement hlm a, et doit continuer à avoir, un rôle de « lanceur d’alerte » pour favoriser le changement de paradigme des décideurs politiques. 

Poursuivre les réflexions

Certaines propositions issues des réflexions mériteraient d’être approfondies afin d’étayer leur bien-fondé, venant ainsi renforcer leur légitimité. Dans une majorité des cas, il s’agirait de porter des études de faisabilité et d’impact, afin de préciser les propositions et tendre le plus possible vers l’opérationnalité ou même d’envisager des actions expérimentales avec des partenaires.

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